Généralisation du bac Pro en 3 ans : les communiqués
Académie de Strasbourg
Déclaration au groupe de travail du 4/12/2007 sur le Bac pro en 3 ans.
CGT Education, SE-UNSA, SNETAA-EIL, SNES-FSU, SN-FO-LC, SNUEP-FSU, SUD Education, SGEN-CFDT
Les organisations syndicales soussignées exigent le retrait de la note ministérielle sur les Bac pro en 3 ans, dont l'application aurait pour conséquences :
l'affaiblissement du contenu de l'enseignement, tant professionnel que général,
la non prise en compte des difficultés des élèves, pourtant soulignées par le rapport de l'IGN,
l'exclusion de fait des élèves les plus en difficulté,
la disparition du BEP, principal diplôme de niveau V,
la disparition des 1ères d'adaptation, classes passerelles vers le bac technologique,
Dans son rapport sur l'expérimentation, l'IGN estime que ce dispositif n'est " qu'un élément de réponse qui ne concerne qu'une faible partie du public."
La note du ministre relève donc d'une logique purement financière dont le but est de supprimer massivement des postes d'enseignants dans le cadre du non remplacement d'un fonctionnaire sur deux.
Les organisations syndicales soussignées appellent les collègues à se réunir en assemblées intersyndicales dans les établissements pour mesurer les conséquences induites par la note ministérielle et discuter des actions collectives à entreprendre.
L'intersyndicale se réunira à nouveau le 4/12/2007 pour proposer une action unitaire.
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Communiqué de Presse des quatre syndicats de la FSU du 29 novembre 2007
Voie professionnelle publique :
Une réforme contraire à l’intérêt des élèves et du service public
Sans aucune discussion préalable avec les organisations syndicales et alors qu’un rapport de l’inspection générale avait rendu, en septembre 2005, un avis critique négatif sur l’expérimentation du Bac professionnel en trois ans, le ministre de l’éducation nationale Xavier Darcos a décidé la généralisation de celui-ci, le ministère de l’Agriculture en étendant l’application à l’enseignement agricole.
Cela a pour conséquences :
- la suppression des formations BEP à court terme dans la quasi-totalité des filières tertiaires, industrielles et agricoles.
- le niveau V maintenu au seul CAP à vocation à insertion professionnelle immédiate.
- le report de la mise en œuvre en l’état de la réforme du BEP tertiaire.
Les syndicats enseignants du second degré de la FSU (SNUEP, SNETAP, SNES et SNEP) considèrent que ces mesures correspondent pour l’essentiel à des objectifs d’économie budgétaire qui ne font que peu de cas de l’élève et de sa formation. La mission du service public de l’Enseignement Professionnel consiste à accueillir l’ensemble des élèves orientés vers cette voie afin de leur assurer un niveau de qualification le plus élevé possible. L’accueil en BEP des élèves de classe de troisième permet souvent, malgré des difficultés réelles, une orientation positive en plaçant nombre des élèves en situation de réussite. La suppression des sections de BEP ne peut qu’entraîner un accroissement des sorties sans qualification du système éducatif car de nombreux élèves ne pourront accéder à un Baccalauréat Professionnel en trois ans au lieu de quatre actuellement. Cela d’autant que les exigences de ces bacs pro devraient être augmentées pour permettre, selon le ministre, une poursuite massive d’études en BTS et DUT. Cela risque d’aboutir à une fusion des voies technologique et professionnelle.
Ce dispositif fait fi des élèves en difficulté dont l’avenir ne saurait se régler dans des sections de CAP, qu’il soit à vocation sociale ou à vocation qualifiante. Le fait de pouvoir passer un BEP à l’issue de la 2e année du Baccalauréat Professionnel en 3 ans, ne saurait remplacer une formation effective et spécifique à ce diplôme et n’est une solution ni acceptable ni appropriée aux sorties du système éducatif, qui s’accentueront.
Les syndicats enseignants de second degré de la FSU considèrent indispensable le maintien des sections de BEP dans les Lycées Professionnels car elles sont l’un des maillons essentiels au sein d’une filière de formation complète. Ils rappellent leur attachement au Baccalauréat Professionnel après 2 années de formation qualifiante en BEP. Ils rappellent également leur refus d’orientation précoce avant la 3ème.
La décision ministérielle est à relier à la volonté de réduire considérablement le nombre de personnels à l’éducation nationale et dans l’enseignement agricole et aux projets concernant les lycées généraux et technologiques (réduction du nombre de filières et d’options, regroupements, …) qui devraient être connus en janvier : nous sommes confrontés à une transformation très profonde du système éducatif, qui remettrait en cause la diversification des formations dans le second cycle du second degré et qui n’offrirait plus de réelles remédiations et possibilités de poursuite d’études aux jeunes en difficulté à l’issue de la troisième.
Les mesures mises en œuvre et prévues impliquent à terme des suppressions massives de postes, de sections, de filières entières voire même de lycées professionnels. Le statut des personnels, notamment ceux de lycée professionnel, leur avenir seraient de fait remis en cause.
En conséquence, les syndicats enseignants du second degré de la FSU appellent tous les personnels des lycées professionnels, généraux et technologiques, de l’éducation nationale et de l’agriculture à se réunir au plus vite et à se mobiliser, dans l’unité la plus large, afin d’agir pour exiger le retrait des modifications imposées sur les structures pour la rentrée 2008 qui mènent inéluctablement à la disparition de la voie professionnelle initiale scolaire publique et laïque.
Ils organiseront l’information des parents et des élus pour montrer que cette mesure ne saurait répondre aux besoins des jeunes et du pays et mettront en avant leurs propositions pour un service public d’éducation, dans les trois voies du lycée, capable d’assurer la réussite du plus grand nombre.
COMMUNIQUÉ du SNUEP-FSU NATIONAL (26 novembre 2007)
Le Ministère de l’Education nationale a adressé aux Recteurs d’Académie deux notes visant à généraliser le baccalauréat Professionnel en 3 ans après la classe de troisième. Ces deux notes ont été diffusées sans concertation, sans consultation des organisations syndicales représentatives, sans consultation d’instances de l’Education Nationale. Il s’agit d’un passage en force qui conduit à la réduction drastique de l’offre de formation au sein de la voie professionnelle du Service Public d’Education.
Pour le SNUEP-FSU, il est clair qu’il s’agit de casser cette voie professionnelle à la réussite incontestable, avec une approche purement comptable pour gagner une année de formation. Cela est d’autant plus étonnant qu’un rapport de l’inspection générale souhaitait limiter le développement de ce baccalauréat en 3 années qui n’avait pas démontré son efficacité. Ces propositions entraîneront de fait à terme, la suppression des classes de BEP (Brevet d’études professionnelles) dans la majorité des filières.
Le SNUEP-FSU rappelle que le BEP en deux années est pour de nombreux élèves une voie de réussite, de re-motivation et leur permet alors d’envisager de préparer un Baccalauréat professionnel en 2 ans. Les quatre années d’études permettent la poursuite de la formation générale dans un contexte d’acquisition de savoirs professionnels.
Le SNUEP-FSU considère que le Ministère de l’Education Nationale s’engage donc dans un processus dangereux auquel nous ne pouvons souscrire. La suppression des sections de BEP ne peut qu’entraîner une sortie sans qualification du système éducatif, sauf à envoyer les élèves sur des CAP sans réelle perspective d’emploi ou de poursuites d’études. Le compactage d’un BEP au sein d’une ou deux années de Baccalauréat n’est pas une solution.
Ces mesures ne sont pas sans rapport avec les perspectives budgétaires annoncées et donc les suppressions massives de postes d’enseignants.
Le SNUEP-FSU considère indispensable le maintien des sections de BEP dans les Lycées Professionnels et la poursuite d’études avec un Bac Pro en deux ans. Plutôt que de réduire l’offre de formation, le Ministère se grandirait en engageant un débat sur la mise en place de passerelles entre les voies de formation. On ne peut que s’étonner de l’absence de considérations pédagogiques, du peu de prise en compte de la réflexion engagée sur la rénovation des enseignements généraux des BEP et des Baccalauréats professionnels.
Le SNUEP-FSU appelle tous les personnels de l’Enseignement Professionnel à se mobiliser pour exiger le retrait des propositions de généralisation du Baccalauréat en trois ans et de suppression des BEP, qui mènent inéluctablement à la disparition de la voie professionnelle publique et laïque.
Le Secrétariat National