Circulaire n°3-03            10 mars 2003
 

GRÈVE ET RASSEMBLEMENTS UNITAIRES LE 18 MARS

à 10 heures
place de la Bourse

STRASBOURG

à 10 heures
place de la Réunion

MULHOUSE


PRIORITÉ À L'ÉDUCATION… NATIONALE !

 Dans leurs récentes actions, les personnels de l’Éducation, les parents d’élèves, les étudiants ont manifesté avec force l’exigence d’un retour à une priorité à l’Éducation et à une politique favorisant la réussite de tous les jeunes.

Le gouvernement est resté sourd à ces revendications. Pire même, dans un discours maximaliste et provocateur, le Premier Ministre a annoncé le transfert de 100 000 fonctionnaires (TOS, Assistants sociaux, médecins scolaires, Conseillers d'Orientation…) vers les collectivités territoriales. Ces mesures menacent l’unité et l’efficacité du service public, le travail en équipe dans les établissements, la cohérence des formations et des interventions, l’égalité d’accès à une formation de qualité.

De plus, le transfert aux régions des compétences en matière de formation professionnelle et d’orientation fait courir le risque de séparer ces domaines de l’ensemble du système éducatif et de les piloter à partir de visions à courtes vues des besoins de l’économie locale.

Or nous avons assisté ces dernières années, sous l'emprise de la Région Alsace, à un développement extrêmement important de l'apprentissage, qu'il soit public ou privé au détriment de la formation initiale publique en lycée professionnel.

Quel serait alors le rôle du LP, dans la perspective d'une formation professionnelle dévolue à la Région, quand on sait qu'il a déjà perdu plusieurs milliers d'élèves ces dernières années ? En serait il réduit à former les laissés pour compte de l'apprentissage, ceux à qui les patrons et les tuteurs n'ont pas cru devoir offrir un contrat ?

Qu'en serait-il de l'articulation entre la voie professionnelle et les autres voies, générale et technologique, où la présence de passerelles permet au plus grand nombre de poursuivre une formation en fonction de ses capacités et de ses goûts.

Et que restera-t-il de notre statut de fonctionnaire d'État, dans le cadre de ce qui s'apparente à une véritable dénationalisation du Service Public ?

Le Secrétariat du SNUEP-FSU

 
Le SNUEP-FSU Appelle les enseignants et personnels d’ÉDUCATION des LP, SEGPA et EREA à la Grève unitaire MARDI 18 MARS 2003 et leur demande de s’associer massivement aux manifestations qui seront organisées dans leur académie
 

ASSISTANTS D'ÉDUCATION ET FORMATION PROFESSIONNELLE : UNE COHÉRENCE INQUIÉTANTE

(texte présenté par les CPE du SNUEP-FSU)

 En dépit de l’opposition de la quasi-totalité de la communauté éducative, le gouvernement maintient son projet de loi sur les assistants d’éducation et entend le faire voter à l’assemblée nationale le 19 mars.

Le projet présenté répond à un double objectif :

Un premier objectif vise à faire des économies d’échelle : En faisant travailler les assistants d’éducation plus et pour un salaire inférieur à celui des MI-SE.

Un second objectif, plus ambitieux, concerne l’ensemble du système éducatif et son éclatement programmé. Les décentralisations à venir ont pour finalité de casser l’Éducation Nationale pour en faire des entités régionales, voire départementales, dépendantes des pouvoirs locaux, sujettes à des pratiques clientélistes.

  Dans cette logique, où se situera l’égalité des jeunes face à l’école, l’équité de traitement face à l’offre de formation ?

Un exemple concret : Comment sont effectuées les financements des écoles dans les communes ? Les différences varient dans un rapport de un à dix !

  Dans l’Enseignement Professionnel, certaines régions ont déjà fait disparaître des formations BEP et BAC PRO des lycées professionnels pour les ouvrir à l’apprentissage ou au privé. Le danger est grand de voir confier au privé (et au patronat) les secteurs les plus rentables de la formation professionnelle.

Plusieurs collectivités territoriales se sont proposées d’expérimenter dans l’éducation la gestion des établissements (CO-psy, ATOS) ; certaines l’ensemble de la formation professionnelle ; pourquoi pas d’autres, la vie scolaire, les CDI…?

  C’est dans cet environnement que le projet (libéral) des assistants d’éducation  prend son sens : avoir un personnel souple, adaptable aux divers besoins de l’établissement, recruté localement par le Principal ou le Proviseur, sur un statut précaire (prévoyant en outre le recrutement par les collectivités territoriales).


FAEN, FERC-CGT, FSU, SGEN-CFDT, UNEF

APPEL A LA GRÈVE LE 18 MARS

Le gouvernement continue à n’apporter aucune réponse aux revendications exprimées par l’ensemble des personnels à travers les nombreuses actions conduites depuis la rentrée. Bien plus, les gels de crédit récemment annoncés viennent aggraver la situation et, en dépit de l’opposition manifestée par la quasi totalité de la communauté éducative, le gouvernement maintient son projet de loi sur les assistants d’éducation et entend le faire voter par l’Assemblée Nationale dès le 19 mars. La précarité ne cesse de croître.

La politique régressive concerne l’ensemble du système éducatif, de la maternelle à l’université, et de la recherche publique ; elle aggrave les conditions de travail de tous et compromet l’avenir des enfants et des jeunes.

C’est pourquoi les organisations soussignées ont décidé d’appeler le 18 mars l’ensemble des personnels à une nouvelle journée de grève et de manifestations avec une manifestation nationale des MI-SE et Aides Educateurs :

·                pour d’autres choix budgétaires permettant d’améliorer le service public d’éducation, de conduire tous les jeunes à la réussite scolaire et de répondre aux besoins de la recherche publique ;

·                pour une programmation pluriannuelle permettant les recrutements nécessaires pour faire face aux départs en retraite prévisibles ; pour la formation initiale et continue de tous les personnels et le développement des IUFM ;

·                pour la résorption de la précarité ;

·                pour le retrait du projet de loi sur les assistants d’éducation et une véritable négociation pour que soit amélioré le statut des MI-SE, pour que soient reconnues, professionnalisées, transformées en emplois statutaires les missions nouvelles mises en place par les Aides Educateurs et pour que des solutions soient offertes aux actuels AE ;

·                pour le maintien des missions et de tous les personnels de l’éducation et de la recherche publique, notamment ATOSS, Conseillers d’Orientation Psychologues…, dans la Fonction Publique d’Etat.

Nous appelons l’ensemble des personnels à agir pour que le service public d’éducation soit la priorité de la nation. Ce sont d’autres choix, d’autres orientations et d’autres ambitions qu’il faut pour les jeunes et le service public, afin notamment de combattre l’exclusion et les inégalités et de permettre un développement économique et social fondé sur la justice, la solidarité, l’accès de tous aux qualifications et à la formation.

Paris, le 20 février 2003