SNUEP-FSU          Académie de Strasbourg

 

Les motions votées au Congrès Académique du 6 février 2008

 

 

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MOTION SALAIRES ET POUVOIR D’ACHAT

 

Le Congrès Académique du SNUEP-FSU de Strasbourg dénonce la baisse continue du pouvoir d’achat des enseignants actifs et retraités : plus de 7% depuis l’an 2000, plus de 20% depuis 20 ans.

Il exige une véritable revalorisation de leurs salaires et un rattrapage des pertes accumulées.

Cela ne peut se faire par l’augmentation des heures supplémentaires qui sont, en fait, génératrices de chômage. Cela doit se faire par une augmentation du point d’indice au moins égale à l’augmentation du coût de la vie. Aussi le Congrès considère que la proposition d'augmentation de 0,5%, formulée par le Ministre de la Fonction Publique récemment, constitue une véritable provocation.

 

Le Congrès refuse l'argument selon lequel il n’y aurait pas d’argent dans les caisses de l’État alors que l'on sait qu’en 2008 18 000 contribuables très fortunés se verront rembourser la somme de 536 millions d’euros, un chiffre supérieur à l’économie budgétaire qui devrait résulter des 23 000 suppressions de postes programmées dans la Fonction Publique !

 

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MOTION STATUT, DEROULEMENT DE CARRIERE, NOTATION, HORS CLASSE

 

Nous réaffirmons :

v      notre attachement au statut de la Fonction Publique d’Etat

v      le refus de la décentralisation des personnels éducatifs

v      le principe d’un service hebdomadaire, sans heure supplémentaire obligatoire

v      le recrutement national

 

Nous refusons :

v      toute annualisation ou globalisation du temps de travail

v      toute tentative de définition de notre rémunération au "mérite" et "à la performance", c'est à dire selon des critères arbitraires

v      le projet de confier au chef d'établissement la mainmise sur notre avancement de carrière

v      l’individualisation des rémunérations

v      l'introduction du fonctionnement sous la forme de lettre de mission définie entre l’enseignant et le chef d’établissement

v      que des règles locales et de plus en plus individuelles régissent l’avancement et la notation

v      que les chefs d’établissement et les chefs des travaux s'immiscent dans la pédagogie des enseignants

v      le développement des postes spécifiques, procédure opaque et arbitraire, qui va à l'encontre de la fluidité du mouvement.

 

Nous exigeons :

v      la reconstruction de la grille indiciaire et l'accélération du rythme d’avancement sans contre partie sous forme de temps de présence

v      la disparition de la hors classe avec l’intégration des indices actuels de la hors classe dans les 11 échelons existants

v       l’augmentation substantielle de la valeur du point d’indice pour tous

 

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MOTION CONTRACTUELS

 

Le Congrès académique du SNUEP, réuni le 6 février 2008 à Strasbourg, s'est penché sur la situation des enseignants contractuels.

Il considère que la politique d'emploi de ces enseignants est particulièrement injuste socialement car les contractuels sont régulièrement licenciés juste avant la date cruciale qui obligerait l'administration à pérenniser le contrat à travers un CDI.

Le Congrès demande que les contractuels ne soient pas écartés de la possibilité d'obtenir un CDI et q'un plan de titularisation pluriannuel soit mis en place pour les intégrer.

 

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MOTION BAC PRO EN 3 ANS

 

Le SNUEP estime que la généralisation du Bac Pro en 3 ans est une erreur grave.

 

Il remarque tout d'abord que la période de mise en place de cette réforme la rend très suspecte, puisqu'elle va entraîner une baisse substantielle des effectifs, donc des enseignants, dans un contexte d'économies budgétaires et du non remplacement d'un départ à la retraite sur deux.

Le SNUEP s'interroge également sur la question de savoir s'il n'y a pas dans ces mesures la mise en œuvre d'un processus de déqualification masqué des futurs travailleurs.

 

Il constate que la généralisation du Bac Pro en 3 ans  ampute la formation de 25%. Or, le public accueilli en lycée professionnel est un public en difficulté, qui ne sera pas en mesure pour la plupart d'atteindre les objectifs de qualification actuels fourni par une formation s'étalant sur 4 années. Le SNUEP estime que le Bac Pro en sortira fortement dévalorisé, et ne sera pas adapté, ni à une poursuite d'études, ni à une insertion immédiate. De plus, les sorties du système éducatif seront nombreuses, encouragées en cela par la mise en place d'un système de certification maison en fin des deux premières années et appelé BEP par abus de langage.

 

Le SNUEP n'ignore pas que seule la moitié des élèves atteignent le Bac Pro et que l'insertion est difficile avec un seul BEP, surtout dans le secteur tertiaire. Néanmoins, les deux années de BEP ne sont pas des années gâchées, loin de là. Elles sont le passage obligé pour ces jeunes en difficulté au collège pour acquérir une certaine maturité nécessaire à leurs choix d'orientation, pour se remotiver, à travers une pédagogie adaptée et repartir d'un bon pied. Le BEP est un repère important en ce qu'il représente la réussite à un diplôme reconnu après des années d'échec.

 

Le SNUEP considère que la méthode utilisée est mauvaise et antidémocratique : une simple note ministérielle datée du 29 octobre 2007, prise sans la moindre concertation avec les acteurs et usagers de l'enseignement professionnel, ni les instances paritaires.

La mise en place est précipitée : une bonne partie des BEP devant être remplacés par les Bac Pro en 3 ans dès la rentrée et le processus devant être mené à son terme pour la rentrée 2009. Les référentiels ne sont pas prêts, pas plus que les horaires ou le contenu des diplômes ne sont définis.

 

Le SNUEP note que le recteur de l'académie de Strasbourg a effectué un recul entre le CTPA du 18 et le CAEN du 20, mais ce recul n'est qu'apparent. Il est principalement tactique puisque la réforme doit de toute façon être achevée à la rentrée 2009. Le SNUEP regrette que certaines organisations syndicales aient cautionné, à travers le "protocole de discussion", la généralisation du Bac Pro en 3 ans, en échange d'un ralentissement de sa mise en application et d'une consultation, faussée, des établissements.

 

En effet, cette concertation a été bien chaotique : elle a pris des formes très diverses, s'est faite sous la fréquente pression de la hiérarchie et dans un délai très bref, sans consultation des Conseils d'Administration. Au final, elle ne ralentit que très modérément la généralisation du Bac Pro en 3 ans dans l'académie de Strasbourg.

 

Le SNUEP réclame le retrait de la note ministérielle du 29 octobre sur la généralisation du Bac Pro en 3 ans.

Il demande que s'ouvrent des discussions sur l'avenir de l'enseignement professionnel public, discussions dans lesquelles aucune piste ne serait négligée : répercussions de la concurrence de l'apprentissage sur l'enseignement professionnel sous statut scolaire, incidences sur la voie technologique, études d'implantations limitées et justifiées de sections de Bac Pro 3 ans par bassin pour une minorité d'élèves, augmentation substantielle du nombre de Bac Pro en 2 ans, faisant suite à un BEP, finalités de l'enseignement professionnel (insertion, socialisation, poursuite d'études…).

 

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 MOTION MAINTIEN DE LA DIVERSITÉ DES QUALIFICATIONS

 

La réforme du Ministre Darcos prévoit une réduction du nombre de filière de Baccalauréat professionnel (des 69 existants actuellement, il ne devrait en rester qu’une vingtaine).

Ainsi, la pertinence des formations proposée aux élèves les plus fragiles à la sortie du collège se réduit et on peut craindre une non-reconnaissance de ces Baccalauréats professionnels dans les conventions collectives de branche.

Le SNUEP-FSU exige le maintien de la diversité des formations en Baccalauréat professionnel.

 

 Toutes les motions votées à l'unanimité